Fin 1987, c’est la pagaille dans le monde de la télévision française. En avril dernier, le gouvernement
Chirac privatise TF1, vendant ainsi la première chaîne publique des français, sans leur demander leur avis. L’acquéreur, une célèbre entreprise de maçonnerie ( !), décide
d’abandonner progressivement l’idée de service publique pour transformer TF1 en une entreprise rentable. Pour cela, on décide de s’entourer des meilleurs, que l’on attire en froissant de gros
billets et en agitant des contrats mirobolants.
Dans le même temps, la jeune chaîne La 5 manipule, elle aussi, des sommes folles pour faire venir à elle la crème des animateurs télé et des journalistes. Mais, voilà, elle n’en
a pas les moyens : de simples questions techniques empêchent la diffusion de la chaîne dans la France entière. Les annonceurs publicitaires rechignent, la direction de La 5 s’aperçoit
qu’elle n’a plus de quoi payer ses vedettes, qui fuient, quand elles ne sont pas remercier auparavant.
Le sort des personnalités séduites par TF1 ne sera guère plus enviable quand elles s’apercevront dans les années à venir qu’elles sont devenues des animateurs télé jetables, au gré des caprices
d’un Mougeotte ou d’un Le Lay et de l’audience.
Au milieu de ce bazar, Michel Drucker demeure serein. Seul grand de la télévision à rester fidèle au service public (avec Jacques Martin), il refuse un contrat
juteux avec La 5 pour rester sur Antenne 2. Il incarne dès lors la déontologie qui se fait désormais trop rare dans les coulisses du petit écran.
Hélas, deux ans plus tard, il répondra aux sirènes de TF1, mais, lucide, en reviendra avant tous les autres. Ceci est une autre histoire. En attendant, voici une interview qu’il a accordé à
Télé Poche en décembre 1987. Puis, deux brèves consacrées à Patrick Sébastien et Stéphane Collaro, qui reflètent bien l’ambiance de navire-qui-coule de
l’univers de la télévision en cette période de bouleversements.
Par dGé